Les Assises de la cybersécurité... c'était Osé !
Du 7 au 10 octobre derniers se tenaient les 26ᵉ Assises de la cybersécurité de Monaco, auxquelles j'ai eu le plaisir de participer. Avec comme thème principal « Osons ! », elles invitaient les décideurs, porteurs de projets ou offreurs de solutions à entreprendre, et à remettre l'humain au centre des sujets cyber. En tant que chef du Commandement du ministère de l'Intérieur dans le cyberespace (COMCYBER-MI), dont la mission principale est la lutte contre la cybercriminalité, ce que j’en retiens :

1 – OSONS raisonner « out of the box » : ce fut le cas à l’occasion du Before, où des experts issus des secteurs public et privé ont tout d'abord restitué des travaux d'une grande qualité à l'issue de plusieurs commissions. Intelligence Artificielle et dépendances, Menaces massives, Innovation et résilience numérique ou encore Géopolitique & cyber ; les thèmes furent variés, et les enseignements riches.
2 – OSONS considérer que la cybersécurité est une priorité, pas une option : comme le disait, Vincent Strubel, Directeur Général de l’ANSSI, dans le contexte actuel, une prise de conscience de nos vulnérabilités est nécessaire et toutes les mesures, élémentaires parfois, de cybersécurité qui paraissaient optionnelles il y a quelques années sont devenues incontournables !
3 – OSONS considérer que les nouvelles technologies sont une opportunité : Churchill disait « l’optimiste voit dans chaque difficulté une opportunité quand le pessimiste voit dans chaque opportunité une difficulté » alors OSONS, soyons, recrutons des optimistes.
4 – OSONS regarder ce que les partenaires européens réalisent : car lutter contre la cybercriminalité ne peut se limiter au contexte national et nécessite une coopération internationale toujours plus grande, notamment dans le domaine numérique. Regardons ce que font nos partenaires avec les mêmes contraintes et OSONS le mettre en œuvre !!!
5 – OSONS nous inspirer du secteur privé : pour ma part, les échanges avec les partenaires privés ont toujours représenté une source d’inspiration, dans mon quotidien, avec succès. Les Assises n’ont pas échappé à la règle, elles furent l’occasion de partager notre vision de la cybersécurité, mais aussi nos savoirs et retours d'expérience.
6 – OSONS challenger, bousculer le cadre réglementaire : protéger nos concitoyens est la raison d’être des policiers et des gendarmes, le cadre réglementaire doit préserver les libertés individuelles mais aussi aider à la performance des forces de sécurité intérieure. Sans aucun doute notre plus gros défi collectif.
7 – OSONS le zéro trust : même si l’atteindre peut sembler utopique, la stratégie « zéro trust » doit guider toutes les politiques de cybersécurité, sans aucune exception « coupable ». Si l’humain est la solution, il constitue le plus souvent "le problème", c'est-à-dire le point d'entrée pour les cybercriminels à travers la négligence notamment. Il renvoie également à "la solution", par le biais de la prévention, de l'accompagnement des TPE, PME, des collectivités ou encore des élus. Anticipation, prévention, gestion de crise, retours d'expérience, autant d'étapes devenues indispensables que le COMCYBER-MI, que je commande, diffuse auprès du grand public, des administrations voire des entreprises. Oser aller à la rencontre des structures publiques et privées, oser parler des failles pour mieux les combler, telle est en définitive le volet "prévention" mis en avant lors de ces Assises.
8 – OSONS les pentests, les red teams, les bug bounties : toute entité doit pouvoir tester en permanence sa cybersécurité pour déterminer les failles éventuelles et mettre en œuvre les remédiations avant que les cybercriminels ne les révèlent.
9 – OSONS développer de véritables process d’amélioration continue : mettre en œuvre une culture d’efficience basée sur le « doute positif » qui ne se contente pas d’une cybersécurité de l’instant.
10 – OSONS nous donner les moyens de recruter et de fidéliser des talents : sans doute le défi le plus important, avec les aspects réglementaires, former les talents en nombre, les recruter et les fidéliser pour être en mesure de faire émerger les solutions souveraines et les choix éclairés. Face à des cybermenaces en constante évolution, accentuées, facilitées, améliorées par l’Intelligence Artificielle.
J'ai pu enfin aller à la rencontre d'industriels, de la multinationale à la startup, qui eux aussi osent continuellement. Leur créativité, leur technicité et surtout leur adaptation aux nouvelles technologies, et de facto à ces cybermenaces évolutives, ont répondu selon moi et en tous points au thème de ce salon.
En conclusion, si j'avais un message à faire passer, ce serait de nous appuyer sur l'humain et donc ne pas hésiter à miser sur le collectif, mais aussi à nous tromper, voire à nous appuyer sur nos erreurs pour gagner en maturité ; en somme, d'oser entreprendre.



