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Robustesse de la BITD : réarmer la profondeur stratégique

il y a 18 minutes
5 min de lecture

Les budgets sont votés, les cadences montent. Mais la robustesse de la Base industrielle et technologique de défense (BITD) se décide désormais en amont : dans les matières, l'énergie et le capital autant que dans la RSE. Plusieurs dimensions pour une même exigence de résilience que les décideurs ne peuvent plus traiter isolément.


Par Hugo Dupin



Le réarmement européen n'a plus de problème de volonté ni, pour l'essentiel, de budget. La stratégie Readiness 2030 présentée par la Commission européenne en mars 2025 mobilise plus de 800 milliards d'euros ; le rapport conjoint des ministères des Armées et de l'Économie d’avril 2026 chiffre à 4-6 milliards le seul besoin en fonds propres de la BITD française d'ici 2030. Le point de bascule, lui, s'est déplacé : les grands intégrateurs tournent déjà à 91 % de leurs capacités, et près d'un tiers des industriels déclarent des tensions d'approvisionnement.¹ La contrainte n'est plus la commande, mais la profondeur de la chaîne — et elle se joue sur quatre fronts que certains décideurs cloisonnent encore : l'énergie, les approvisionnements, le capital et la RSE.


L’énergie et la continuité de la production

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